Golden Globe Race 2026 : comment préparer un jeu de voiles pour un tour du monde sans assistance ?

Dans cet article, découvrez comment la Voilerie Tarot conçoit des jeux de voiles fiables et durables, afin d'équiper les coureurs d'une incroyable course à la voile : la Golden Globe Race 2026.
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La Golden Globe Race ne ressemble à aucune autre course au large. Le principe paraît simple : partir des Sables-d’Olonne, faire le tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance, puis revenir dans le même port. Dans les faits, cette épreuve impose une préparation d’une rare exigence.

D’abord, les skippers qui s’engagent dans la « GGR » naviguent sur des bateaux de série classiques, conçus avant 1988, sans les outils modernes qui accompagnent aujourd’hui la course au large. Pas de routage, pas d’électronique dernier cri pour compenser une faiblesse technique, pas d’équipe à terre pour ajuster les décisions au quotidien…

Le marin doit compter sur son bateau, son expérience, sa préparation et sur la fiabilité de son matériel.

 

À l’occasion de la Golden Globe Race édition 2026, la Voilerie Tarot est fière d’équiper les bateaux de deux skippers engagés :

  • Le Saltram Saga 36 d’Helga Marie, dite Mara – navigatrice norvégienne de 35 ans
  • Le Rustler 36 d’Ertan Beskardes – navigateur turco-britannique de 65 ans (bateau vainqueur de la GGR 2018-2019)

 

Pour la Voilerie Tarot, concevoir des voiles pour la Golden Globe Race ne revient pas uniquement à chercher la performance. La mission consiste plutôt à imaginer un ensemble de voiles capable de tenir plusieurs mois en mer, dans des conditions exigeantes, avec des contraintes de règlement strictes. Selon le directeur de la voilerie, la priorité est claire : « arriver au bout ».

En résumé 🪡

Pour la Golden Globe Race 2026, la Voilerie Tarot a conçu deux jeux de voiles complets pour deux skippers engagés sur le tour du monde en solitaire, sans escale et sans assistance.

Ce travail a reposé sur une méthode précise : comprendre le bateau et le skipper, définir un jeu de voiles cohérent, relever les cotes à bord, choisir les matériaux, dessiner chaque voile, puis accompagner les skippers jusqu’au montage et aux essais.

Cette exigence, poussée très loin pour la Golden Globe Race, nourrit l’accompagnement proposé par la Voilerie Tarot à l’ensemble des plaisanciers.

La Golden Globe Race, une course qui met les voiles à rude épreuve

 

Une course d’endurance avant d’être une course de vitesse

 

Comme sur les éditions précédentes, le bateau le plus rapide de la Golden Globe Race 2026 ne sera pas forcément celui qui ira au bout. La GGR est une course longue, isolée et imprévisible. Les bateaux engagés sont généralement robustes mais, à l’origine, ils n’ont pas été conçus comme des machines de course modernes. Pour cette raison, chaque élément doit être pensé avec une logique d’endurance.

Après quelques semaines de course, une voile trop fragile peut déjà devenir un problème majeur : un tissu mal adapté, une finition mal dimensionnée ou un renfort insuffisant peuvent se transformer en avarie difficile à gérer.

 

Victor Pilsudski, directeur de la Voilerie Tarot, détaille :

« La performance est importante, bien sûr. Mais sur une épreuve comme la Golden Globe Race, la résistance passe au premier plan : il faut des voiles capables de conserver leur forme, de supporter les charges répétées et d’encaisser les changements de météo. »

 

Des règles spécifiques qui imposent des choix techniques

 

Course au large autour du monde, en solitaire et sans escale, la Golden Globe Race impose à chacun des coureurs des règles très spécifiques. En particulier, celle de naviguer avec des bateaux et des équipements proches de ceux utilisés à la fin des années 1960.

Ce cadre influence directement la conception du jeu de voiles de chaque participant : certains matériaux modernes – le Dyneema, par exemple – ne sont pas autorisés. Dans ce contexte, la mission de la Voilerie Tarot est de trouver le bon équilibre entre performance, conformité au règlement et durabilité. L’expérience et les connaissances de nos agents sont indispensables : pour la conception d’une grand-voile pour la GGR, par exemple, deux tissus de grammage équivalent ne présenteront pas la même résistance ni le même comportement dans le temps.

 

Pour concevoir des voiles fiables, la Voilerie Tarot échange régulièrement avec ses fournisseurs, chargés de l’aider à comparer les différentes possibilités. Ce sont ensuite les spécialistes de la voilerie qui prennent la décision finale : grâce à la connaissance des matériaux acquise au fil des années, ils retiennent les solutions les plus adaptées.

 

 

Concevoir un jeu de voiles pour la GGR : plusieurs mois de préparation

 

Comprendre le projet avant de parler des voiles

 

La conception d’un jeu de voiles pour la Golden Globe Race commence bien en amont de la course.

La première étape, pour la voilerie, consiste à comprendre le projet dans son ensemble : le bateau, le navigateur, son expérience, sa façon de naviguer… mais aussi ses objectifs et sa stratégie de course.

 

Pour Mara comme pour Ertan Beskardes, cette première phase d’échange a été essentielle :

Bien sûr, chaque skipper arrive avec ses habitudes et ses préférences de navigation. Mais le rôle de la Voilerie Tarot n’est pas simplement d’exécuter une demande : il s’agit aussi de questionner certains choix et de conseiller le navigateur, pour imaginer un jeu cohérent avec le bateau, le programme de course et les contraintes de la GGR.

 

« C’est l’une des spécificités de la Voilerie Tarot : nous fabriquons des jeux de voiles spécifiquement pensés pour la Golden Globe Race, à chaque édition. L’expérience acquise sur les précédentes éditions nous permet de proposer une approche différente des autres voileries, plus adaptée aux contraintes de la course et au comportement des bateaux. »

Un jeu de voiles pensé comme un ensemble

 

Sur la Golden Globe Race, chaque coureur a le droit d’embarquer un jeu de 9 voiles. Avec la Voilerie Tarot, l’ensemble du jeu est pensé pour couvrir toutes les situations rencontrées pendant plusieurs mois de navigation – chaque voile complétant les autres et ayant un rôle précis.

Pour Mara et Ertan, la voilerie a conçu deux jeux complets de voiles répondant au règlement de la Golden Globe Race, avec chaque fois une combinaison spécifique adaptée à chaque bateau et au programme de navigation.

 

→ Pour aller plus loin :  Comment la Voilerie Tarot a accompagné Mara dans sa préparation à la Golden Globe Race

 

 

De la prise de cotes à la validation finale : plusieurs mois de préparation

 

Une fois le jeu de voiles défini, le travail de conception peut réellement commencer :

Les équipes de la Voilerie Tarot se rendent à bord du bateau pour prendre toutes les dimensions. Une demi-journée est généralement nécessaire pour relever chaque cote avec précision, et garantir la qualité du travail en suivant.

À partir de là, le dossier est transmis au bureau d’études de la Voilerie Tarot. Chaque voile est dessinée et modélisée en tenant compte des caractéristiques exactes du voilier à équiper. Les plans permettent de vérifier les recouvrements, les positions des points d’écoute, les bordures, les guindants… ainsi que les interactions entre les différentes voiles.

Chaque dessin de voile est ensuite présenté au skipper pour valider les choix techniques avant le lancement de la fabrication.

 

 

Des finitions pensées pour plusieurs mois d’autonomie

 

Les renforts, les coutures, les finitions et l’ensemble des points sensibles sont pensés pour répondre aux exigences particulières de la Golden Globe Race.

« Sur cette course, nous cherchons évidemment la performance. Mais notre priorité reste toujours de faire en sorte que les voiles accompagnent le skipper jusqu’à la ligne d’arrivée. Chaque choix technique est guidé par cet objectif d’endurance », explique Victor Pilsudski.

 

Le règlement de course stipule aussi, par exemple, que les concurrents n’ont pas le droit d’embarquer un dessalinisateur pour produire de l’eau douce à bord. Dans ce cadre et pour soutenir les skippers dans leur épreuve, la Voilerie Tarot adapte ses équipements en leur accordant de nouvelles fonctions : les équipes aménagent chaque pièce spécifiquement pour la course et peuvent, par exemple, adapter une grand-voile ou un lazy bag pour faciliter la récupération d’eau de pluie.

« Ce sont des solutions que l’on ne retrouve pratiquement jamais sur un bateau de plaisance traditionnel, mais qui peuvent faire une réelle différence dans le cadre de la GGR. »

 

Une expertise construite édition après édition

 

Nombre et type de voiles autorisés, matériaux conformes, équipements embarqués… Concevoir des équipements pour la Golden Globe Race impose de maîtriser un règlement technique très spécifique, en prenant en compte de nombreux paramètres.

Pour la Voilerie Tarot, cette connaissance s’acquiert sur le terrain : depuis le retour de la Golden Globe Race en 2018, la voilerie a participé à chaque édition en réalisant plusieurs jeux de voiles pour des concurrents engagés dans l’épreuve. Parmi eux figure notamment le Rustler 36 de Jean-Luc Van Den Heede, vainqueur de la course en 2018-2019, dont Ertan Beskardes a choisi de reprendre la barre.

 

Pour les coureurs, l’expérience de la Voilerie Tarot est gage de fiabilité, en plus d’être un gain de temps. Les équipes connaissent les contraintes du règlement, savent anticiper les attentes des organisateurs et peuvent concentrer leur énergie sur l’essentiel : concevoir des voiles adaptées au navigateur et à son bateau, plutôt que réinterpréter les règles à chaque nouveau projet.

Chaque édition permet d’enrichir l’expertise de la voilerie : les retours d’expérience des skippers, les observations faites après plusieurs mois de navigation et les enseignements tirés des réparations viennent nourrir les projets suivants. Les réglages des voiles confiées par les autres skippers à la voilerie des Sables-d’Olonne – port de départ et d’arrivée de la course – sont aussi une grande source d’apprentissage.

Du point de vue de nos équipes, les connaissances développées à l’occasion de la conception de voiles pour la Golden Globe Race profitent, ensuite, à toutes les autres réalisations de la Voilerie Tarot.

 

Le travail de la voilerie ne s’arrête pas dès le jeu de voiles fabriqué. Montage des voiles, derniers contrôles, essais en navigation, ajustements ou réparations de dernière minute… les équipes sont en effet disponibles, aux Sables-d’Olonne, pour accompagner les navigateurs jusqu’à la ligne de départ. Cette présence permet de s’assurer que chaque skipper prend le départ dans les meilleures conditions possibles.

 

Une méthode de travail qui profite aussi aux plaisanciers

 

La Golden Globe Race représente sans doute l’une des épreuves les plus exigeantes au monde pour un jeu de voiles. Si les contraintes sont exceptionnelles, la méthode de travail développée pour cette course reste la même que celle appliquée à chaque projet : comprendre le besoin, analyser le bateau, puis concevoir la solution la plus adaptée.

Pour un plaisancier qui prépare une saison de navigation côtière, des croisières hauturières ou un plus long voyage, cette approche fait la différence. Si tout ou partie de votre jeu de voiles existant peut être conservé, la Voilerie Tarot le contrôle, le renforce ou l’adapte. Si un nouveau jeu de voiles est nécessaire, il est alors conçu sur mesure, selon votre bateau, votre programme et les conditions de navigation prévues.

 

C’est cette exigence qui guide la Voilerie Tarot, qu’il s’agisse d’un tour du monde ou de votre prochaine saison de navigation.

« Les projets comme la GGR nous poussent à faire évoluer en permanence nos méthodes, nos finitions et nos choix techniques. Cette expérience bénéficie ensuite à tous les navigateurs qui font appel à nous, qu’ils préparent une course au large, une transatlantique ou simplement leur prochaine saison de navigation », conclut Victor Pilsudski.

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